Éséka est une commune du Cameroun située dans la région du Centre et chef-lieu du département du Nyong-et-Kéllé. Cette localité est un carrefour important entre les grandes villes comme Yaoundé et Douala, ce qui en fait un point stratégique pour le commerce et les échanges. Eséka est également célèbre pour sa gare ferroviaire, qui a longtemps été un centre névralgique du transport de marchandises et de passagers dans la région.

Elle est limitée au Nord par la Commune de Ngog-Mapubi, au Sud par la Commune de Lolodorf (Département de l’Océan), à l'Est par les Communes de Makak et de Matomb, à l'Ouest par les Communes de Biyouha et de Messondo.

Géographie

La ville est située sur la route provinciale P10 (axe Éséka-Lolodorf) à 126 km à l'ouest de la capitale Yaoundé. D'une superficie estimée à 965 km², elle est située à l'extrême sud du département du Nyong et Kelle, Région du Centre, à 35 km de la RN3, à 180 km de Douala par route et 153 km par rail, ainsi qu'à 130 km de Yaoundé par route en passant par Boumnyébél et 130 km par rail. Une sorte de ceinture montagneuse, couverte d’une verdure luxuriante, encercle ce chef-lieu de département, ce qui favorise le réchauffement de la ville, au grand dam des populations. Du haut des flancs de montagne, des paysans, téméraires à l’œuvre, s’offrent à la forte canicule qui y règne. Difficile de s’habiller chaud, dans ces conditions où la chaleur a droit de cité, de jour comme de nuit. Une raison qui pourrait, peut-être, justifier la dotation en ventilateurs d’une bonne partie des chambres d’auberges et de motels.

La commune traversée par le fleuve Nyong est également drainée par les rivières : Kellé, Mouanda, Djogob, Maloume et Mbope.

Légendes et tradition

Il s'agit d'une ancienne ville historique issue de Hikoa Pondol. Selon la tradition, l'histoire de Hikoa Pondol ou la colline de Pondol débute pendant la période pré-coloniale. Un certain Pondol, parti de Messondo, une bourgade située non loin de là, y vivait seul avec pour uniques compagnons une vaste forêt dense, peuplée d’arbres et d’animaux. Mais, la solitude de ce Ndog bessol, une ethnie du coin, s'estompera un matin, avec l’arrivée des explorateurs allemands alors qu’il va, comme à l’accoutumée, muni d’une calebasse et vêtu d'un Bilar (sorte de cache-sexe), à la recherche de l’eau. Les étrangers, non seulement sont impressionnés par son courage à résider tout seul dans une aussi vaste forêt, mais aussi émerveillés par l’humidité du climat. Ils s’y implanteront, et mettront sur pied une palmeraie dénommée Kokola, éponyme de leur chef, où Pondol sera employé. Aussi florissante que prospère, la plantation Kokola, du fait de ses merveilles, va susciter des convoitises et des jalousies, bien au-delà de Hikoa Pondol. Alléchés par cette manne, les Ndog Ndjè, une autre ethnie, en errance puisque chassée par les Eton de Bafia, viendra combattre, mais en vain, contre les Ndog Bessol, déjà bien implantés. Tout ceci se passe au lendemain d'une cuisante défaite à Boga, actuellement Boumnyebel, face aux Ewondo, conduits par un certain Bayeg Ba Ngo Mbanga, redoutable personnage qui a disséminé les siens à travers la forêt.

Battus et humiliés par les Ndog Bessol, les Ndog Ndjè vont, finalement, s’installer à Elanga, Song Kouang et Song Mayi Matip (où résidait le regretté Pondol) aux alentours de Hikoa Pondol. Les Ndog Bessol taxent les Ndog Ndjèl de « nko sing », c’est-à-dire peuple de la haine, ce qui a entraîné de violents combats entre les deux ethnies, souligne Jean Aladin Bikoko, artiste musicien, légende vivante de l’Assiko. Les premiers réclament, parce qu’autochtones, leur plein droit à la terre, aux dépens des seconds, traités ironiquement d’allogènes, et donc n’ayant aucun droit foncier. « Ce conflit se transmettra, même de manière larvée, de génération en génération. Au point d’atteindre feu Mayi Matip ma Ndombol et Mbo Mbog Yossep Sendè » (Qui sont-ils par rapport à l’homme politique et au pharmacien ?), ajoute le virtuose guitariste de l’Assiko.

On enregistre des faits d’une cruauté insoutenable, et les échos de cette horreur traversent les frontières du pays, pour atteindre l‘Organisation des Nations unies, laquelle tranchera en faveur des Ndog Bessol (en quelle année ?). La localité deviendra, plus tard, Eséka (Quand plus précisément ?). « Aujourd’hui, du fait de cette sentence, beaucoup de descendants Ndog ndjè sont dépourvus d’une véritable assise dans la localité », remarque le vieux Bikoko.

Mouvement indépendantiste

Eséka n’a pas été à l’abri de ces mouvements de chasse à l’homme, qui ont précédé et suivi l’indépendance du Cameroun. Bien au contraire, la localité a perdu beaucoup de ses enfants. À la différence d’autres zones du pays, où cette vaste opération d’expurgation des nationalistes a sévi, le chef-lieu du département du Nyong et Kellé (à partir de quelle année ?) a connu une méthode toute particulière. C’était l’œuvre d’un certain Bitsoga Bitso, surnommé M Ngo Mpi (le lion), en raison de ses tueries massives par jour. Il régnait en maître. Travaillant à la solde du pouvoir colonial, il traquait et exterminait tout subversif. Il les jetait, par dizaines dans le Nyong. « A cette époque, tout étranger qui descendait du train ne pouvait plus repartir. Il fallait se cacher, pour ne pas faire face à l’interrogatoire de Bitsoga Bitsoga. L’arrivant était d’avance perdu, à moins de graisser la patte au bourreau » se remémore le sexagénaire dont le cadet, Célestin Mongo Bikoko, a eu la vie sauve en 1974 après que celui-ci ait versé une somme de 50 000 Fcfa au « lion ». Plus fort que tous, Bitsoga Bitsoga deviendra un grand danger pour les populations. Devenu incontrôlable, il ne fera plus d’exception dans sa boucherie humaine. Même Kon Kon, le préfet de l’époque, pâtira sous le joug de ce « collabo ». Il faudra l’intervention d’un certain Yogo Ntonga, surnommé « homme sans pitié » dans la région, pour mettre terme au machiavélisme de ce truand. Accompagné de ses hommes, ce colonel d’armée va procéder à son exécution, en plein centre-ville d’Eséka, au moyen de douze fusils.

Cette ville est également connue pour avoir accueilli le deuxième congrès de l'Union des populations du Cameroun en 1952, congrès qui avait vu Félix-Roland Moumié être élu président de ce parti.

Administration

La ville est de 1914 à 1927, le terminus de la ligne de chemin de fer du Centre Cameroun construite par la compagnie allemande Lenz de Douala à Éséka ouverte au trafic le 17 juin 1914, elle relie Yaoundé à partir de 1927. Poste administratif fondé par la colonisation allemande, la commune d'Éséka créée en 1954, devient commune de plein exercice en 1962.

Lors du recensement de 2005, la commune comptait 23 242 habitants, dont 17 904 pour la ville d'Éséka.

Santé

La commune dispose de 8 formations sanitaires : un hôpital départemental, un hôpital de district, 4 centres de santé et deux cliniques privées.

Organisation communale

L'espace urbain est constitué de 16 quartiers : Likabo, SNEC Aviation, Tetem, Briqueterie, Permanence, Eséka2, Camp-Fonctionnaire, Adna, Malla, Lycée, Boondjock, Log-Bikong, Mosquée, Cercle Municipal, Pombe I.

Outre Éséka et ses quartiers, la commune comprend les villages suivants :

Carte scolaire